Amour déroutant ou déroutante malédiction d’Oedipe que la psychanalyse utilise pour illustrer nos rapports à l’autre dans la relation amoureuse. Serions-nous donc manipulés dans notre vie amoureuse par notre relation audit complexe d’Oedipe ?

Oedipe, qui signifie « celui qui a les pieds enflés » (Si si!), héros de la mythologie grecque, fils de Laios et de Jocaste, est à l’origine dudit complexe d’oedipe, qui porte bien son nom, et dont la sinistre histoire est utilisée en psychanalyse pour illustrer le complexe du même nom consistant pour notre héros de la mythologie grecque, à tuer son père (meurtre que l’on appelle un « parricide ») et à épouser sa mère (et donc à commettre un inceste). Joie!

 « Un peu d’histoire…bizarrement amoureuse ! »

Laios, père d’Oedipe, et Jocaste, sa mère, ont pris la difficile décision d’abandonner leur fils à sa naissance après avoir appris par l’Oracle de Delphes ce que ce dernier leur ferait subir une fois adulte. Sauf que c’est en l’abandonnant qu’ils amenèrent la prophétie à se réaliser. Comme quoi, il ne faut pas jouer avec la magie! C’est dangereux de modifier l’équilibre fragile de l’organisation de l’espace-temps… Je n’y connais rien mais j’ai souvent entendu cela… Cela remonte peut-être à mon adolescence lorsque je regardais une certaine série que je ne citerai pas et non, je ne la regarde plus! Revenons-en à ce pauvre, pauvre Oedipe, qui en plus de se faire abandonner s’est vu entraver les pieds par une corde, sur l’ordre de ses parents aimants, et laissé dans sa « merde » au sommet du Mont Cithéron. Heureusement, notre chanceux, est libéré par un couple de bergers (quand je vous disais qu’il s’agissait d’amour et de rencontres amoureuses, attention amour filial, ça suffit les incestes!) qui passaient par là et qui décident de l’adopter (avant c’était plus simple, aucune démarche administrative fort complexe n’était nécessaire et l’adoption se faisait en temps réel (comme sur les sites de rencontres !) !) mais décident ensuite de s’en séparer (c’était aussi plus simple d’abandonner son gosse adopté (comme sur les sites de rencontres, je sais !) !) et le confient à un voyageur (bonjour l’équilibre psychologique pour cet enfant ballotté!). Ce dernier vagabonde jusqu’à la cour du Roi Polybe, Roi de Corinthe, qui lui aussi décide de l’adopter… Quand on aime… Sauf que lui l’élève une bonne fois pour toute et ne décide pas de « balancer la patate chaude » à son voisin! Il lui donne son gentil petit nom, « celui qui a les pieds enflés », et se garde bien de lui révéler sa triste histoire. Manque de bol, l’Oracle met à nouveau son grain de sel et croyant peut-être ainsi rééquilibrer les forces en présence, ou plus certainement souhaitant voir se réaliser le parricide et l’inceste, lui révèle ses origines et sa trouble histoire. Résultat, le petit décide de fuguer, flippé qu’il est d’avoir appris qu’il allait « parricider » et se « faire » sa mère.

 « Serait-il possible d’aimer sans en payer le prix ? »

Evidemment, le cercle vicieux n’en est qu’à ses débuts, le voilà maintenant sur le chemin du voyage vers sa triste destinée, sur lequel il rencontre un homme et ses serviteurs qu’il prend pour des vilains pas beaux (traduire des voleurs) et qu’il tue… Sauf qu’une autre hypothèse parle d’un règlement de compte entre les hommes, pour une histoire de « tu m’as pas cédé le passage » à une intersection où leurs chariots se sont croisés… C’était certainement la coutume à l’époque, on ne mourrait pas sur la « route » pour les mêmes raisons (et quoi que ça dépend des endroits de France…). On peut aussi se dire que l’Oedipe il en tenait déjà une bonne! Sauf que le vilain voleur (on va rester sur la théorie de la légitime défense!) qu’il a tué, c’était papouné! Finalement le complexe d’Oedipe c’est la belle arnaque, car son père il l’a tué sans savoir que c’était son géniteur! Il cumule le petit, et c’est pas fini! Il épouse ensuite sa mère, mais encore une fois sans savoir que c’est elle ni parce qu’il apprécie l’expérience des femmes plus âgées que lui, non, parce qu’il s’est encore comporté en héros (ça lui apprendra à toujours vouloir se mettre en valeur!) en sauvant la ville de Thèbes, sur laquelle ses parents règnent, du moins à ce moment précis, sa pauvre mère veuve, du Sphinx qui assiégeait la ville de son enfance. Cette fois-ci, il vainc en usant des mots, sans violence, en donnant la juste réponse à l’énigme que ce sphinx intellectuel lui posait, à savoir : « Qu’est-ce qui marche à quatre pattes le matin, à deux le midi et à trois le soir ? ». Ce à quoi Oedipe répond (fallait y penser!) : « c’est l’homme qui au matin de sa vie se déplace à quatre pattes, qui au midi de sa vie marche avec ses deux jambes et qui au soir de sa vie s’aide d’une canne, marchant ainsi sur trois pattes ». Ainsi, il vainquit et pour toute récompense se vit offrir par les habitants de Thèbes, la main de sa propre mère, Reine de Thèbes… Le marchandage d’humains ne leur posait aucun problème! (« Tiens, tu l’as bien méritée, prends la, elle est à toi! »)

« La sélection du partenaire en amour est une étape à ne pas négliger… »

Le petit devient grand et Roi mais épouse sa maman… L’un comme l’autre, ignorant leur lien de parenté, vivent en bonne entente, jusqu’à ce que le boomerang leur revienne en pleine « gueule » (avec la chance bien connue d’Oedipe, fallait s’y attendre!). La suite n’est qu’horreur… La peste s’abat sur Thèbes, l’Oracle en remet une couche : tant que le meurtrier de l’ancien Roi de la ville, son père, ne se sera pas dénoncé, l’épidémie sévira… En tant que souverain responsable, Oedipe fait rechercher ce tueur qui n’est autre que lui, ce qu’il finit par comprendre. Apprenant la nouvelle, sa mère se suicide. Lui, réalisant que leurs quatre enfants (leur relation amoureuse était en effet sérieuse, stable, durable et féconde!) étaient nés d’une relation incestueuse et étaient donc maudits (c’était ainsi que l’on voyait les choses à cette époque), il pris la décision de se crever les yeux avec la broche de sa femme-mère (tout le symbole est là!) … Sa situation n’étant pas assez ignoble, il fallait qu’il en rajoute! Il décide aussi d’abandonner son poste de Roi (il aurait pu s’en tenir à ça, on lui en aurait pas voulu!) et quitte Thèbes sous les huées de son ex-peuple, guidé par l’un de ses enfants, sa fille Antigone, jusqu’à sa mort, non loin d’Athènes, où Apollon lui promis de veiller à ce que sa sépulture devienne un lieu sacré pour les Athéniens. Trop sympa Apollon! C’est ce qui s’appelle avoir la poisse, ou être maudit…

 « Le spectre d’Oedipe menace t-il nos relations à l’amour et nos rencontres amoureuses ? »

Du côté de la psychanalyse, Sigmund Freud, tenu pour être son fondateur, a recyclé le mythe d’oedipe pour en faire un concept très « vendeur » en psychanalyse, (que l’on étudie dès la première année de psycho à la fac, un bon moyen pour capter l’attention des étudiants avec une histoire bien glauque!) celui du complexe d’oedipe. Ledit complexe veut que le petit garçon soit amoureux de sa maman (au point de la demander en mariage? C’est mignon à cet âge, ça devient flippant plus tard!) et soit donc jaloux de son papa (au point de vouloir le tuer? Oh! Mais c’est que ça me rappelle quelqu’un!). A dire vrai, Sigmund Freud, parle « d’attirance sexuelle » envers sa mère… Votre petit bout de choux est sexuellement attiré par vous, sa mère… Hmmm, quand je disais que le concept est déroutant! Du côté des filles, il s’agirait du complexe d’Electre (ce concept n’est venu que plus tard, quand on a commencé à accepter que la femme avait aussi une sexualité et un sexe!). Mais on verra ça une prochaine fois!

« Est-il possible de maîtriser ses choix en amour? »

De l’affirmation brute du complexe oedipien, ont découlé d’autres théories plus subtiles qui ont soulevé l’hypothèse que ledit complexe poursuivrait son insidieuse influence sur notre vie amoureuse et s’immiscerait ensuite dans nos relations amoureuses (lorsqu’on passe à autre chose, après sa mère ou son père…). La règle voudrait que l’on recherche notre père ou notre mère dans notre futur(e) partenaire amoureux(se). Cette règle n’est-elle pas un raccourci un peu simpliste? Et pourtant, il n’est pas impossible que nos choix en amour soient influencés par notre rapport depuis notre plus tendre enfance à nos parents. Cette première hypothèse consiste à analyser la vie amoureuse de chacun comme la reproduction de la relation de couple de ses propres parents et la recherche du père ou de la mère dans les caractéristiques propres aux personnes avec qui l’on développe une relation amoureuse. Une seconde hypothèse, part d’un point de vue plus général, en n’omettant pas notre relation au monde, annihilée, dans la première hypothèse, par notre relation à l’amour.

« Et si dans la vie comme en amour, nous n’étions pas maître de notre destinée? »

Dans la seconde hypothèse, il s’agit donc d’appliquer à tout choix de vie, qu’il soit amoureux ou de toute autre nature, le rapport que l’on a eu et que l’on a à la relation enfant-parents et à la relation de couple de nos parents. Ainsi, l’influence de nos parents, père et mère, sur notre vie, dans sa globalité, depuis notre enfance et pour l’avenir, serait l’hypothèse retenue en lieu et place de celle consistant pour chacun d’entre nous à rechercher son père ou sa mère dans l’autre. En effet, notre entourage proche, qui peut être bien plus large que celui désignant uniquement les père et mère, nous influence tous dans notre apprentissage de la vie et dans nos comportements et réactions dans les situations du quotidien, communes à la plupart d’entre nous, et puis dans celles, plus spécifiques, propres à l’expérience de chacun. Il s’agit de l’expérience de la vie, tout d’abord celle que nous offre nos parents et notre famille proche, puis celle que l’on vit à l’école et qui pèse aussi, si ce n’est tout autant, dans la balance des choix et des orientations d’une vie. Il s’agirait donc plutôt de l’influence qu’ont eu nos parents sur nous dans nos rapports aux autres et dans notre perception des relations hommes-femmes dans la vie amoureuse, qui orienteraient nos choix, nos comportements, notre perception générale. Cela sans aller jusqu’à rechercher le clone de notre père ou mère dans le cadre de nos rencontres amoureuses, quels que soient leurs objectifs, car notre sexualité est elle aussi influencée par notre éducation, sans que l’on puisse peut-être, en l’espèce, pouvoir parler de la recherche du père ou de la mère. Qui plus est, il doit être relativement difficile pour une personne dont le père ou la mère a eu un comportement répréhensible, de comprendre que l’homme ou la femme avec qui elle entretien une relation amoureuse ressemble à son père ou à sa mère, alors qu’il s’agirait pour cette personne de choisir de se faire du mal en perpétuant l’image de celui ou celle qu’elle aurait préféré pouvoir mettre derrière elle… Bref ! Le complexe oedipien, on l’a compris, ne doit pas être pris au pied de la lettre ! Comme tout concept trop simpliste il faut aller chercher plus loin et ne pas hésiter à le remettre en cause. C’est ainsi que l’on grandit, dans la vie comme en amour !

On comprend que la problématique posée par le complexe d’Oedipe est sensiblement complexe et doit être abordée de manière approfondie sans passer par des raccourcis simplistes mettant de côté de nombreux paramètres non négligeables qui ont pourtant aussi une influence notable sur nos choix, incluant également nos choix forcés, ceux que l’on n’aurait certainement pas faits si l’on n’avait pas été confronté à tel ou tel événement dans notre passé. Ainsi, s’ouvre un travail complexe sur soi-même, sur son passé, afin de comprendre l’influence que celui-ci peut avoir sur notre futur, pour peut-être, s’il le faut, trouver la force de réorienter ses choix, ceux d’entre eux qui sont non contraints et qui semblent correspondre à notre volonté. Cette réflexion  peut s’appliquer à tout choix comme aux décisions prises ou à prendre en matière d’amour et de relation amoureuse.

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